L’Union européenne s’apprête à intensifier ses tensions commerciales avec la Chine en imposant des droits de douane plus élevés sur les véhicules électriques fabriqués en Chine à partir du 4 juillet. En réponse, la Chine semble prête à riposter de manière stratégique.
Au cours des six derniers mois, la Chine a lancé des enquêtes antidumping sur des produits européens tels que le porc et le brandy. Bien que les autorités chinoises n’aient pas explicitement lié ces enquêtes aux droits de douane imminents sur les véhicules électriques, les analystes commerciaux spéculent que ces produits pourraient être la cible de droits de douane en représailles contre l’UE. De telles mesures sont considérées comme des efforts de la Chine pour contrebalancer l’impact des restrictions commerciales de l’UE sur ses exportations.
Ce conflit commercial marque le dernier chapitre d’une confrontation mondiale plus vaste autour de la domination des exportations chinoises dans les technologies énergétiques propres, notamment les panneaux solaires et les véhicules électriques. Alors que les États-Unis ont adopté une position plus agressive en augmentant les droits de douane, l’approche de l’UE a été plus mesurée, visant des droits de douane préliminaires plafonnés à 48 % plutôt qu’à 100 % comme l’imposent les États-Unis. Cette différence suggère que la Chine voit une opportunité de négocier avec l’UE pour atténuer l’impact sur son accès au marché.
Gregor Sebastian, analyste senior chez Rhodium Group, note que la Chine a une vision différente de l’UE et des États-Unis, espérant résoudre les différends par la négociation plutôt que par la confrontation. Les négociations entre la Chine et l’UE ont commencé fin juin, mais les droits de douane devant entrer en vigueur le 4 juillet, la probabilité d’un accord immédiat semble faible.
La stratégie de rétorsion de la Chine devrait se concentrer sur les produits susceptibles d’influencer les États membres de l’UE sur le plan politique et économique sans pour autant exacerber les tensions. Par exemple, cibler le brandy français, qui représente une part importante des importations chinoises en provenance de France, pourrait exercer une pression politique au sein de l’UE contre les droits de douane.
Outre le brandy, la Chine s’intéresse également aux produits agricoles comme le porc, principalement importé d’Espagne, des Pays-Bas, du Danemark et de France. Ces mesures visent à provoquer des réactions politiques de la part des pays et des industries concernés, ce qui pourrait compromettre la position unifiée de l’UE.
Si aucune solution n’est trouvée, la Chine pourrait envisager des mesures plus larges, comme limiter les commandes du constructeur aéronautique européen Airbus. Cependant, de telles mesures risquent de compliquer encore davantage les relations diplomatiques.
Malgré les menaces de représailles de la Chine, les experts estiment que la seule coercition économique ne suffira pas à convaincre suffisamment de pays de l’UE de s’opposer collectivement aux droits de douane. Le résultat pourrait aller de l’imposition de droits compensateurs à d’éventuels accords négociés impliquant des réductions tarifaires ou des quotas d’exportation.
En fin de compte, l’approche de la Chine face à ces tensions commerciales reflète sa délicate quête d’équilibre entre l’affirmation de son influence et la prévention d’une plus grande aliénation de l’UE, un partenaire commercial essentiel. Les résultats de ces négociations auront des implications importantes pour les stratégies d’exportation de la Chine et son rôle sur les marchés mondiaux de l’énergie propre.
Auto journal L'actualité du monde automobile